Je me Souviens ; souvenez-vous
Je suis jeune, mais je suis vieux; je parle français et pratique l’anglais. Je suis une minorité dans un grand pays, mais je suis la majorité parmi les miens. J’ai à cœur ma langue, j’ai en tête un rêve oublié par une génération, un projet inachevé par mes prédécesseurs.
Je n’oublie pas d’où je viens, je n’oublie pas nos bâtisseurs. Jamais ils ne sont sortis vainqueurs, et, étonnamment, encore aujourd’hui cette langue nous parlons. Soyons-en fiers, parlons fort, pour que jamais nous n’oubliions.
De la lame de Montcalm à la verve de Bourgault en passant par l’humilité de Lévesque, notre chemin s’est dessiné. Nos racines ils ont arrosées et l’arbre à poussé. Bien à vous d’en récolter les fruits et d’en semer les graines, car si aujourd’hui vous en parlez avec peine, moi je le sens dans mes veines.
Souvenez-vous d’où vous venez, souvenez-vous du fleurdelisé. Ce drapeau qui est le notre, maintes et maintes fois piétiné, mais qui est resté, est symbole de notre fierté. Bien enfouie au fond de vous, l’idée ne demande qu’à ressurgir, le lys a besoin d’être arrosé.
J’ai beau être jeune et inexpérimenté, j’ai beau être la risée de l’autre côté, mais d’ici je les entends et les comprends: ils rigolent, ils se moquent, mais eux ne comprennent rien à notre parler et à nos idées. Ils nous traitent de rêveurs et d’extrémistes, moi je leur fais un doigt d’honneur et leur dis ceci:
Je suis bleu et francophone, je suis fier et Québécois, je gueule comme Pierre et vous regarde comme René. J’ai l fleuve et l’érable, je n’ai rien à vous envier. Je me suis agenouillé pour ne pas me faire tuer, pour que mes enfants puissent vivre, pour que mes enfants puissent continuer là ou j’ai arrêté. J’ai appris votre langage, j’ai travaillé pour vous à la sueur de mon front et maintenant je me suis relevé! J’ai failli oublier, j’ai failli être assimilé!!! Vous pouvez bien rire, vous pouvez bien nous ridiculisez, mais en vérité, c’est nous qui avons gagné.
Maintenant je dis à mes frères, à mes sœurs, aux peuples d’outre-mer qui se sont joint à nous et aux premières nations qui nous ont précédés: cette terre a une histoire, une épopée qui est loin d’être terminée. Peut-être n’aurons nous jamais un pays, mais en mémoire du passé, au présent et pour le futur, restons debout et souvenons-nous.
Bonne Saint-Jean baptiste!
Shawn Sirois
Et non, ce n’est pas de moi :). En faite, j’ai trouvé ce joli texte dans le journal étudiant de l’Universitaire de Sherbrooke. Non seulement c’est jolie, mais ca résume aussi assez bien la mentalité québécoise vis-à-vis des canadiens anglophones.
Tout ca pour dire que le 24 Juin, c’est la Saint-Jean, la fête du Québec ; autant dire que s’est pas un temps à sortir un drapeau rouge et blanc à feuille d’érable. Et ce jour là, à Québec, il y a un énorme concert gratuit sur les plaines d’Abraham. Et on y était !
Sauf qu’en faite, le concert c’était le 23 Juin… le 24 Juin c’est la fête en famille. On a quand même passé un superbe week-end, mais je vous raconterais cela dans un autre billet !
Pour finir, quelques explications pour comprendre le texte :
- Montcalm : général français ayant défendu, et perdu, la ville de Québec, et par là même la Nouvelle-France. La bataille c’est déroulé sur les plaines d’Abraham fasse au général anglais Wolf et est réputé pour n’avoir durée que 20 minutes.
- Pierre Bourgault et René Lévesque : hommes politiques militant en faveur de l’indépendance québécoise. Ils sont à l’initiative du PQ… (Parti Québécois ^^). C’est René Lévesque, alors 1er ministre du Québec, qui organisa en 1970 le 1er référendum sur l’indépendance du Québec.
- Fleurdelisé : drapeau québécois représentant une croix blanche sur fond bleu accompagnée de quatre fleurs de lys.
Très beau texte en effet. Petite rectification, le premier référendum est de 1980 alors que le second date de 1995. ;)
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